« Menm ou menm tou » : un choc de conscience pour la jeunesse haïtienne.
Ce rendez-vous n’avait rien d’un simple événement de calendrier. La deuxième édition de la conférence de la jeunesse, organisée le 17 février local de l’église Rendez-Vous Christ, s’est imposée comme un moment de densité rare, où la parole a cessé d’être décorative pour devenir profondément mobilisatrice. Sous la conduite du Pasteur Julio Volcy, la rencontre a pris des allures de réveil intérieur, porté par une conviction centrale : « Menm ou menm tou ».
Dès les premières prises de parole, l’atmosphère a clairement rompu avec les discours convenus. Ici, il n’était pas question de flatter la jeunesse, ni de lui promettre un avenir abstrait. Le message, frontal et assumé, a ramené chacun à sa propre responsabilité. Le changement, a-t-il été martelé, ne commence ni dans les institutions lointaines ni dans des circonstances idéales, mais dans la manière dont chaque jeune se perçoit, pense et agit.
Les sessions thématiques, notamment « Jenès ou kapab » et « Jenès la ak responsablite l », ont structuré ce moment comme un véritable parcours de prise de conscience. À travers des échanges directs, des interpellations sans détour et des exemples concrets, l’accent a été mis sur la nécessité de rompre avec la passivité. Le message est resté constant : attendre n’est plus une option, se mettre en mouvement est un devoir.
Ce qui a marqué les esprits, au-delà des mots, c’est le ton. Un ton à la fois exigeant et porteur d’espoir, qui refuse de réduire la jeunesse à une génération victime, mais qui la reconnaît comme une force capable d’initiative et d’impact. Dans une société fragilisée par des crises multiples, cette posture a résonné comme un acte de confiance assumé envers les jeunes eux-mêmes.
Au fil des interventions, une idée a émergé avec force : la jeunesse n’est pas une promesse différée. Elle est une réalité présente, appelée à agir ici et maintenant. Cette affirmation, répétée avec insistance, a trouvé un écho particulier dans une salle attentive, composée de jeunes en quête de repères, mais surtout de sens. Loin des slogans, le propos a invité chacun à mesurer sa capacité d’influence, aussi modeste soit-elle, dans sa communauté et dans le pays.
À l’issue de la conférence, le sentiment dominant n’était ni l’euphorie passagère ni la simple satisfaction d’avoir assisté à un événement réussi. C’était plutôt une forme de gravité lucide, mêlée de fierté et de détermination. Beaucoup sont repartis avec la conscience que le véritable travail commence après les applaudissements, dans les choix quotidiens, l’engagement personnel et la constance.
En ce sens, cette deuxième édition s’inscrit comme une étape significative dans un travail de fond auprès de la jeunesse. Non pas en proposant des solutions toutes faites, mais en rappelant une vérité essentielle : la transformation collective passe d’abord par une transformation individuelle. Une parole exigeante, assumée, qui aura laissé des traces bien au-delà des murs de la salle.
CP 📸: Levanjil Foto
Bitoss FRANÇOIS
Média Legliz La
